Biologie

De quoi se nourrit la Chouette Chevêche ?

… De tout ce qui lui passe sous la main et qui est un peu plus petit qu’elle (encore que…). La Chevêche a effectivement un régime alimentaire très éclectique et se satisfait de tout animal comestible, de la grenouille au papillon de nuit en passant par la taupe et le Rouge-queue à front blanc… La proie qui constitue toutefois la plus grande partie de sa ration alimentaire est le campagnol; on trouve ensuite les grands insectes (sauterelles vertes, scarabées, courtillières) dans les secteurs où il en reste, puis les oiseaux. Elle mange aussi beaucoup de vers de terre, surtout lors des périodes humides. Des proies plus rares ont déjà été retrouvées lors du contrôle des nichoirs, comme par exemple le Pic vert (!) et une espèce de Chauve-souris.

Où vit la Chouette Chevêche ?

La Chouette Chevêche est aussi appelée Chouette des villages en Ajoie. Elle vit en effet plus proche des habitats que la Chouette hulotte, qui est elle-même plus forestière.

La Chouette chevêche apprécie les zones agricoles et les abords des villages. Elle a besoin de zones ouvertes (prés de fauches, pâturages, cultures) qui comprennent des structures (fermes, granges, allées d’arbres, chemins, haies, etc.)

La Chevêche ne migre pas; elle résiste bien aux hivers. Lorsque la couverture neigeuse est importante et que les micromammifères sont bien à l’abris sous cette couche protectrice, la Chevêche s’adapte et chasse sans doute surtout des petits oiseaux (moineaux domestiques et friquets, par exemple).

 Comment chasse-t-elle ?

Originaire des steppes, la Chevêche a une faculté à chasser en courant qui surprendrait plus d’un observateur, même un ornithologue averti! En effet, la Chevêche court rapidement, ce qui la fait parfois ressembler à une grosse souris. Cette aptitude lui vient de son milieux d’origine, les steppes d’Asie centrale – où les perchoirs devaient souvent se réduire à des promontoires rocheux. La plupart du temps toutefois, la Chouette chevêche repère ses proies à l’affût depuis un perchoir (poteau électrique, barrière, arbre, …) et leur fonce dessus en les attrapant avec ses serres. Ce comportement de  » chasse à vue  » implique que la hauteur de l’herbe ne doit pas dépasser 15 cm; au-delà la Chevêche a du mal à trouver ses proies. Cela explique l’importance pour cette espèce d’avoir différents types de surfaces exploitées sur son territoire (pâturages, prés de fauches, talus, jardins, etc.). La Chevêche est active pour la chasse avant tout au crépuscule. Contrairement aux autres espèces de rapaces nocturnes, elle chasse régulièrement en plein jour, surtout quand il s’agit de nourrir les jeunes durant les mois de mai à juillet.

2014_photo nuit T.Nierle

Chevêche à l’affût au crépuscule – © Thomas Nierle, 2014

Quels sont ses ennemis ?

Les ennemis de la Chevêche sont avant tout la banalisation des paysages agricoles, l’utilisation de produits chimiques et la constructions de maisons à la place des vergers. La Chevêche paie aussi un lourd tribu au trafic routier. Lorsque les jeunes sortent du nid, ils sont très vulnérables et peuvent être attrapés par des chats, des chiens, des renards, des corneilles, etc. La fouine visite parfois les nichoirs et peut détruire des nichées entières. Enfin, la Chevêche adulte peut aussi se faire attraper – mais c’est rare – par d’autres rapaces (Autour des palombes, Chouette hulotte, ..).

Les espèces qui vivent dans les mêmes biotopes que la Chevêche

En Ajoie, la Chevêche partage son monde entre les plaines ouvertes et les zones de vergers autour des villages. Si ces secteurs sont riches en arbres, en haies, et exploités de manière diversifiée (jardins, prairies de fauches, champs, vergers et allées d’arbres) et avec des éléments extensifs, alors une faune très diversifiée peut s’installer. Jusque dans les années 60, le paysage agricole de l’Ajoie comptait de nombreuses espèces aujourd’hui disparues ou devenues très rares, comme par exemple la Huppe, le Torcol, la perdrix grise, le Tarier des prés, etc. Dans les secteurs aujourd’hui les plus favorables à l’avifaune on trouve encore des densités intéressantes de Rougequeue à front blanc, de Pics verts, de moineaux friquets, ces espèces profitant souvent de l’offre en cavités naturelles offertes par les arbres fruitiers.

 

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